D'apres le journal Yediot Akharonot du 2 mai.
Hier soir, selon des estimations,près de 400 000 personnes se sont rassemblées à Méron, en Haute Galilée, pour la hilloulah du rabbin Shimon Bar Yokhaï (le Rashbi). Elles ont attendu avec impatience le moment où le rabbin a versé de l'essence sur les branches et a allumé le feu de bois le plus populaire d'Israël pour la fête de Lag Baomer, celui de Meron.
Pourquoi tant de gens viennent-ils sur la tombe de Shimon Bar Yokhaï ? C'est, selon la tradition, le seul rabbin qui a le pouvoir d'annuler des interdictions. On dit que celui qui vient à Meron pour Lag Baomer bénéficiera de la chance. Se prosterner près de la tombe du rabbi est considéré comme un excellent moyen pour trouver un fiancé, ou tout moins pour lever les barrières qui empêchent une célibataire de trouver celui qui lui est destinée. Avis aux personnes interessées...
Depuis des années, une foule dense se presse à Méron, mais cette année, le phénomène a dépassé toutes les prévisions. Les pélerins viennent à l'avance, passent la nuit dans les mochavs avoisinants.
L'organisation de l'événement est rigoureuse. Des rabbins s'époumonent dans des haut-parleurs et donnent des indications à la foule où se diriger. L'âge des partici[ants va de 3 mois à 80 ans. On y voit des juifs appartenant aux divers courants hassidiques dans différents costumes, ainsi que des visiteurs laïques, venus s'imprégner de l'atmosphère spéciale.
Les policiers qui surveillent la manifestation toute la nuit, ont aussi allumé leur feu de bois, pour avoir l'impression de participer un peu aussi à la fete.
Tout le long de la montée vers la tombe du rabbi, qui est interdite à la circulation automobile, des mendiants promettent à la foule toutes sortes de bénédictions,- mariage, santé, sauvegarde de Jerusalem, réussite, bonheur- tout ceci contre un petit don.
Les hommes et les femmes sont séparés, et comme souvent, on voit moins bien du côté des femmes. A 11H00 du soir a lieu le premier allumage. Le public manifeste sa joie par des chansons et des danses. Tous les 750 autobus n'ont pas encore eu le temps d'arriver de Jérusalem, mais ce n'est pas grave : il y aura un allumage de feu toutes les heures, jusqu'à quatre heures du matin, chaque fois par un rabbin différent, afin qu'aucun courant religieux ne soit oublié.
Ce soir, c'est Lag Baomer. Traditionnellement, des feux de bois sont allumés par des enfants un peu partout, dans les villages, bien sûr, mais aussi dans les grandes villes, dans un terrain vague ou un espace libre.
Cette fête est en l'honneur du rabbin Shimon Bar Yokhai, qui vécut à l'époque de la rédaction de la Michna, après la destruction du Second Temple. Tous les ans, un pélérinage a lieu à Méron, près de Tsfat (Safed), attirant une centaine de mille de fidèles. Des tentes sont plantées, des feux de bois allumés avec des grillades, les routes sont bloquées à la circulation.
Selon la tradition, Shimon Bar Yokhaï et son fils Elazar, pour échapper aux Romains, se sont cachés dans une grotte dans le village de Péki'in, situe non loin de là. On peut visiter cette grotte, qui en fait est plus un recoin dans la pierre qu'une grotte. Shimon bar Yokhai et son fils y vécurent cachés pendant douze ans, ne se nourrissant que des fruits d'un caroubier qui poussait à côté. Avez-vous déjà essayé de vous nourrir que de caroubes, pendant, mettons une journée ?
A Shimon Bar Yokhai est attribuée la rédaction du livre du Zohar.
Lag Baomer c'est le 33ème jour de l'Omer, et c'est aussi la fin de la période de deuil instaurée en commémoration de l'épidemie qui a touché les 24000 élèves de Rabbi Akiva. A partir de cette date, les fêtes, célébrations mariages sont permis.
C'est l'occasion de se rendre à Méron et de visiter le village de Péki'in.
Sur Lag Baomer, voir aussi ici.