Berlin

La guerre du Milky

Milki 

Il y a trois ans, Israël avait été secouée par une série de manifestations géantes contre la cherté de la vie. Le déclencheur de ce tumulte : un fromage, le cottage dont le prix était jugé trop élevé. De là, la contestation avait porté sur tous les produits alimentaires, puis sur la cherté de la vie en général, le coût de l’éducation, de la maternelle à l’université, le coût du logement. A la suite de ces manifestations, beaucoup de promesses ont été faites, et peu ont été tenues. Des améliorations ont été apportées visant à la gratuite des écoles maternelles et la diminution du prix des études universitaires, et c'est à peu près tout.

 Cette fois c'est un autre produit laitier, le Milki, un yaourt crémeux aimé des enfants qui a déclenché la guerre, mais le contexte cette fois ci, est un peu différent. C'est un Israélien émigré à Berlin, qui a déterré la hache de guerre, par une page de Facebook,- modernité et nouveaux média obligent ! -Il a créé un groupe s'appelant "On monte à Berlin", où il encourageait les jeunes Israéliens à quitter leur pays en masse, et à venir s'installer à Berlin, ou la vie est meilleur marché. La preuve étant faite avec le Milki, et autres denrées alimentaires, par le ticket du supermarché en preuve de ses dires. Réussite au delà de ses espérances : il a déchaîné les réactions du public israélien et du gouvernement, et une chaîne de télévision israélienne, la 10, a publié une série de reportages où elle comparait le coût de la vie à Berlin et à Tel-Aviv. Samedi soir, il est sorti de l'anonymat, et a répondu aux questions de la présentatrice de la 10.

Le fait est là: de nombreux jeunes Israéliens quittent le pays pour gagner de l'argent à l'etranger et pouvoir s'acheter un appartement en revenant en Israël après quelques années. Seulement, voila, le retour n'est pas toujours possible, et sous le poids des emprunts  contractés et des réalités de la vie, ils se voient forcés de rester plus longtemps que prévu, et parfois toute leur vie.

Le fait choquant numéro 1, c'est donc l'affaiblissement de l'amour d’Israël chez une partie des jeunes générations. Le deuxième point choquant, c'est le choix de Berlin, entre toutes les destinations possibles, avec son lourd passé lié à la Shoah. Le temps est fini, où les Israéliens refusaient de se rendre en Allemagne, et évitaient tout contact avec les Allemands. Cette fois-ci, c'est d'un affaiblissement du sentiment juif qu'il est question.

Et le dernier et triste constat, c'est que oui, ces jeunes Israéliens ont raison, le coût de l'immobilier est monté dans les grandes villes de Tel-Aviv et Jérusalem, y rendant le séjour difficile. Et pas possible de compenser comme en France en habitant dans une banlieue plus ou moins éloignée : les transports publics ne sont pas a la hauteur et les embouteillages ralentissent la circulation. Le salaire minimum est moins élevé qu'en Europe occidentale, c'est sur, mais on ne peut être qu'attristé par la forme prise par cette contestation : une incitation au départ. Y en a qui doivent être contents en voyant ça !