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Yair Lapid, mes sous !

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Retour sur les élections israéliennes : une nouvelle étoile est apparue dans le ciel politique, avec pour nom Yair Lapid. Il se dit représentant des classes moyennes frustrées de devoir soutenir de leurs deniers tous les inactifs et les planqués du pays. Il s'allie avec Naphtali Benet, qui promet de lutter contre la vie chère  Bref, avec des promesses de faire rentrer les ultra-orthodoxes dans le monde du travail, de rendre le service militaire obligatoire pour tous (donc aussi pour les ultra orthodoxes), de lutter contre les divers privilèges  les chefs de ces deux partis obtiennent des sièges à la Knesset, et Benjamin Natanyahou se trouve obligé de les prendre dans sa coalition, à la place des partis ultra-orthodoxes de Shas et de Yahadout Hatora.

Lapid  est nommé ministre du Trésor, Benet ministre de l’Économie.

Et que se passe-t-il ? Soudain, nos deux héros se rendent compte que l’économie ne va pas du tout, mais alors pas du tout, que l'Etat s'endette, et qu'une cure d’austérité est nécessaire  Et qui devra supporter le poids de cette cure d’austérité ? Les classes moyennes et défavorisées, qui devaient, selon les promesses électorales de nos deux acolytes, être particulièrement chouchoutées.

Et les mesures de pleuvoir : augmentation de l’impôt sur le revenu, augmentation de la TVA, augmentation de diverses autres taxes, dont celle portant sur l'achat d'un appartement, diminution des allocations familiales, diminution des budgets des  ministères, bref, on le voit, le genre de mesures qui pénalisent en premier lieu les familles nombreuses et les travailleurs.

De quoi s’étonner  quand on sait que pendant des années on nous avait dit que -contrairement à l'Europe -l’économie israélienne était florissante. Certes, le salaire minimum était bas, les aides sociales plus faibles qu'ailleurs, mais on se disait que c’était le prix a payer pour que l’économie tourne si bien.

Israël est rentrée récemment dans l'OCDE, et le classement de ses membres effectué par cet organisme ne laisse pas de doute : Israël est le pays où il y a le plus de pauvres, où l'écart entre les bas et hauts salaires est le plus élevé.

On promet à l’Israélien moyen que des mesures sont en cours, pour que les écoles ultra-orthodoxes ne reçoivent des subventions que si elles mettent à leurs programmes des matières profanes telles que mathématiques  anglais, littérature  Une loi sur l’enrôlement dans l’armée des ultra-orthodoxes est en préparation  L'Etat s'en prend aussi aux privilèges des ouvriers des ports de Haifa et d'Ashdod, dont il juge les salaires trop élevés. Ce sont là vraiment les seuls privilégiés du pays ?

Certes, Rome ne s'est pas faite en un jour...ni Jérusalem  Il faudra faire preuve de patience, et espérer que les réformes promises ne se transformeront pas en chiffons de papier, après passages dans les différentes commissions, et négociations avec les parties concernées.

Il y a eu des élections en Israël, qui se jouaient entre les faucons d'un côté, les colombes de l'autre. Ici, tout le monde se sent devenir... le dindon de la farce, et le pigeon prêt à être plumé.

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