Femmes des minorités

Les journaux nous content des histoires différentes sur les femmes appartenant aux "minorités", en clair les femmes arabes et druzes du nord d'Israël.

La combattante

- Le  journal Yediot akharonot du vendredi 4 avril  titre en page 5 sur "une première fois" : une soldate arabe musulmane dans une unité d'élite pour la première fois.

La jeune fille sert comme infirmière combattante et doit prochainement suivre un cours d'infirmière aéroportée. L'unité est chargée de l'évacuation de soldats blessés, souvent sous le feu de l'ennemi, elle s'occupe aussi du sauvetage de civils en difficulté et se rend sur le lieu de catastrophes. Etant donné que l'unité participe à toutes sortes de missions sensibles dans l'armée, on demande aux candidats qui veulent y entrer qu'ils soient sûrs sur le plan de la sécurité.

La jeune fille, qui habite un des villages du nord du pays, s'est engagée dans l'armée, alors qu'elle n'y était pas obligée. Elle a terminé brillamment un cours s'infirmières et a été nommée dans cette unité.

La chef d'entreprise

- C'est une histoire bien différente que nous narre le Yediot Hatsafon du 4 avril, avec les mésaventures de Kaméla Moussa (38 ans) du village arabe de Dir El Assad, près de Carmiel.  Cette jeune femme a réussi maintenant à monter une entreprise de repas préparés et à se faire un nom dans ce secteur. Elle travaille  comme traiteur avec sa soeur comme associée. Mais elle a dû auparavant suivre un long chemin parsemé d'embûches et d'échecs.

Pour augmenter les ressources du ménage, Kaméla voulait travailler à l'extérieur de la maison, et s'est d'abord heurtée au refus de son mari. Elle réussit à obtenir son accord, et travaille d'abord comme femme de ménage dans le village de vacances que tient le kibboutz Touval. Puis, elle commence à cuisiner pour ce village de vacances. Sa soeur l'aide en s'occupant de ses enfants. Après quelques années, le kibboutz décide de sous-traiter l'exploitation du village de vacances à un organisme extérieur, et la jeune femme se trouve sans travail, avant de recommencer comme femme de ménage dans une institution pour handicapés, Cishourit, puis de trouver une place comme cuisinière dans un  autre établissement.

 Son mari décide d'ouvrir un restaurant dans le village et lui demande de travailler avec lui. Elle essaie de conserver en même temps sa place de cuisinière, puis renonce et se consacre au restaurant, et à la préparation de plats cuisinés à emporter. Les habitants du village commencent à médire sur elle, une femme qui néglige ses enfants pour faire une carrière, selon eux. Les commérages se multiplient, quand Kaméla décide de changer de place son restaurant, et de le transférer au centre du village. Le fait que le restaurant porte son nom, et non celui de son mari augmente la médisance. La famille de Kaméla appartient à un clan peu important, par rapport à celui qui domine le village, et la réussite du couple dérange.  Le clan dominant interdit à ses membres de fréquenter le restaurant, et celui-ci doit fermer. Kaméla retourne faire des ménages.

Mais la réussite vient enfin, par hasard, quand une guide touristique qu'elle a connue quand elle travaillait pour le kibboutz, lui demande d'accueillir chez elle des petits groupes et de raconter son histoire, autour d'un verre de café. Petit à petit, Kaméla se remet à des plats préparés pour ses visiteurs, et devant le nombre de commandes, décide de monter une entreprise avec son mari à la gestion. En même temps, la construction de leur nouvelle maison est achevée, et ils disposent maintenant d'un espace suffisant pour les réfrigérateurs et les fours.

C'est alors que surgit une catastrophe. Un habitant du village est tué dans le cadre de lutte entre clans rivaux. Kaméla appartient au clan de ceux suspectés du meurtre, Tous les membres de ce clan sont obligés de fuir par peur d'une vengeance. Les deux familles de Kaméla et de sa soeur s'enfuient à Sakhnine. Elles attendent que le comité chargé de faire la réconciliation achève ses travaux pour pouvoir rentrer au village.

En attendant, elles continuent à recevoir des commandes de plats cuisinés et à y répondre depuis Sakhnin. La guide touristique qui avait aidé Kaméla la première fois a continué à lui apporter son aide et à la faire connaître dans les villes du centre d'Israël.

Histoire d'une réussite, donc, après de multiples obstacles.

La Miss

- Rappelons aussi l'histoire d'Angelina Farès, une jeune fille druze de 18 ans d'un village du nord, Sédjour, près de Carmiel, qui a voulu en 2007 participer au concours pour l'élection de miss Israël. Après avoir réussi une première sélection, son nom apparut dans les journaux, ainsi que sa photo en maillot de bain. Cela déclencha la colère des habitants de son village, pour qui ce concours était déshonorant pour une jeune fille et apportait la honte sur le village. Ils firent pression sur ses parents pour qu'elle renonce. Angélina reçut des menaces de mort, la police arrêta cinq personnes qui voulaient la tuer, dont deux de ses oncles, et elle finit par  renoncer à son rêve.

3 histoires avec des fins différentes, qui montrent la variété des situations des femmes membres des minorités arabes ou druzes en Israël.

 

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