Courants religieux en Israel

Comment se retrouver dans la situation religieuse en Israël.

Commençons par les juifs.

Comment se répartit la population juive selon ses propres critères ?

Voici une aide afin de déchiffrer kes diffèrentes appellations

1) Les "Hilonim" ou non pratiquants de toutes les règles religieuses.

-Ce terme très vague désigne la majorité de la population d'Israël, et recouvre des positions très différentes, avec à un  extrême des anti-religieux  militants qui combattent tout ce qui a trait à la religion et militent pour un Etat selon le modèle laïc occidental, parlent d'oppression religieuse etc..

-A l'autre extrêmité de ce groupe, on trouve les "massortim", c'est-a-dire ceux qui se définissent comme traditionnalistes, avec une pratique religieuse allant du respect des fetes traditionnelles, dont le repas de Pessah (=la Pâque juive, célébrée par la très grande majorité des Israéliens juifs), et des principales cérémonies - mariage et enterrement religieux, circoncision- à une pratique presque complète avec respect des règles alimentaires, du shabat...

Beaucoup de juifs originaires d'Afrique du Nord et du Proche-Orient se définissent comme traditionnalistes, avec, comme il a été dit, une pratique très variée !.

 

2) Les courants du judaisme religieux

- a) Les courants non-orthodoxes :

A ce propos, notons que des courants non orthodoxes qui sont forts aux Etats-Unis comme les courants conservative, et réformés, sont faibles en Israël, pour la bonne raison que les juifs originaires des Etats-Unis sont peu nombreux. Ces courants, nés en Allemagne et fleurissant au XIXème siecle, puis transportés de l'autre côté de l'Atlantique, ont visé à modifier la Halakha, qui organise les règles de la vie quotidienne

. C'est ainsi que dans les synagogues affiliées à ces mouvances, les hommes et les femmes sont assis les uns à côté des autres, au lieu d'être séparés, comme dans les synagogues orthodoxes. Selon les mouvements, les femmes peuvent être appelées à la synagogue à lire la Thora (la Bible), voire à être rabbines. Les conversions au judaisme se font plus facilement.

En Israël, ces courants existent, et on trouve des synagogues qui y sont affiliées, mais un grand mécontentement y règne  : les conversions qui y sont pratiquées ne sont pas reconnues par le rabbinat orthodoxe, et des femmes mettant le talit (châle religieux traditionnel, réservé aux hommes d'habitude) se battent pour etre admise à prier ainsi vêtues au Mur des Lamentations (kotel maaravi). la frustration est d'autant plus grande que de nombreux grands donateurs américains appartiennent à ces courants. Ils versent des sommes importantes en Israël pour soutenir des hopitaux, des crèches, les universités, des jardins publics, et se voient déniés la reconnaissance de leur courant religieux.

- b ) Les courants orthodoxes

Ils dominent la vie religieuse du pays.

Il n'y a pas dans le judaïsme, contrairement au catholicisme, d'autorité religieuse centrale indiquant la voie à suivre. La Torah (la Bible), le Tamud (commentaire de la Bible) et les différents commentaires et livres rédigés au cours des siècles, régissent la vie du croyant. Mais chacun a son rabbin, qui peut avoir une interprétation différents des écrits saints.

- En dehors de personnes non affiliées a un courant precis, il y a :

-Le sionisme religieux (ou dati-leoumi).

Ce courant, né au XIXème siècle en Europe de l'Est, est représenté surtout par l'oeuvre du rav Kook, prône le retour des Juifs en Israël ainsi que l'ouverture des sionistes religieux au monde moderne. Les hommes portent une kippa (calote) crochetée, les femmes couvrent leurs cheveux et mettent une jupe longue.

Liés politiquement aux partis travaillistes au pouvoir pendant des années, ils s'en sont dissociés apres la guerre des 6 jours en 1967, car beaucoup ont été enthousiamés par la (re)conqupete des territoires historiques de Judée et Samarie, et s'y sont installés et ont formé une droite religieuse nationaliste. Ils sont présents maintenant dans les unités d'élite de l'armée et forment l'aile dure du mouvement sioniste.

- les ultra-orthodoxes, ou harédim : des sionistes, des non sionistes et des anti-sionistes

Ils sont facilement reconnaissables par leur aspect vestimentaire : les hommes sont habillés de noir, costume noir occidental actuel avec kippa ou grand chapeau noir, dans les cas les plus extrêmes, ils portent une culotte (pantalon s'arrêtant aux genoux) et des bas et des chaussures à boucle, avec le chtreimel, bonnet arrondi de fourrure. Ce costume était au top de la mode...au XVIIIème siecle....dans l'aristocratie polonaise... et convenait aux hivers rigoureux. Les femmes portent des vêtements longs, jupe longue et chemisier à manches longues strictement boutonnés, bas pour couvrir la peau entre le bas de la jupe et la chaussure, et revêtent un foulard, bonnet, chapeau ou parfois une perruque.

Ces mouvements, autrefois très minoritaires en Israël, sont en pleine expansion, grace à la fois à leur demographie naturelle galopante, et au fait qu'ils attirent des jeunes venus du  monde non pratiquant les "Hilonim". Ce sont les "Hozer betchouva", ceux qui se tournent vers une pratique religieuse.

Trois grands courants

-  Le plus récent, celui du judaïsme sépharade (= oriental), représenté politiquement par le parti politique Shas.

Il existe en tant que parti politique depuis plus de 20 ans. Beaucoup de sépharades non-orthodoxes votent pour ce parti,car pour eux il représente les juifs d'origine orientale, longtemps laissés pour compte dans la societe israélienne.

 Par mimétisme envers le costume askhénaze (d'Europe de l'Est), les représentants ultrq-orthodoxes orientaux ont adopté le costume noir. Ses représentants sont le rav Amar, et le rabbin Ovadia Yosseph, connu pour des prises de position parfois maladroites.

Sa position par rapport au sionisme est assez positive, le judaisme oriental n'ayant pas eu, contrairement au judaisme européen, des rabbins qui affirmaient la nécessité de la vie en dispersion, et refusaient le rétablissement d'une souveraineté juive en terre d'Israël. Néanmoins, il se rallie aux courants aschkenazes dominants dès qu'il y a debat sur ce sujet.

Par rapport aux territoires conquis en 1967, la position est assez ambigue ; d'un côté il affirme - comme les autres partis ultra-orthodoxes- que sauvegarder la vie d'un juif est préférable à la sauvegarde d'un morceau de terre, de l'autre, il se monte particulierement attaché à Jérusalem.

la tendance "lituanienne"liee au parti Deguel hathorah. Malgré son nom, cette tendance n'a pas de caractèere ethnique exclusif, et il est possible d'adhérer à ce courant en étant  d'une autre origine. On peut rencontrer quelqu'un qui vous dit avoir ses enfants à l'ecole " chez les Lituaniens', et ce quelqu'un peut être d'origine yémenite ou marocaine!

Elle représente historiquement le refus d'une partie du judaisme aschkenaze, et surtout à Vilna, en Lithuanie, d'accepter, au XVIIIème siecle, le Hassidisme, mouvement religieux piétiste, mettant l'accent sur la prière, et le rapport au divin par la danse, la joie, les chants, alors que les mitnaguedim ou Lithuaniens mettaient l'accent sur l'étude et la raison. Représentée aujourd'hui par le rav Eliachiv, le plus opposé à l'actuel Etat d'Israël, car il ne suit pas les règles de la Thorah.

- Les mouvements affiliés au hassidisme, lies au parti Agoudat Israel. Ce mouvement, né au XVII siècle en Pologne, est caractérisé par son côté personnalisé ; les hassidim ne forment pas une communauté homogène, mais une nébuleuse de communautés groupées autour de leurs rabbins, qui forment parfois de vraies dynasties. Leurs idées sont parfois très éloignées les unes des autres, les frictions entre tendances sont courantes. Il peut y avoir dérive vers de véritables sectes, en raison du morcellement des groupes.

Les tendances les plus connues:

- Ceux qui se rattachent au mouvement Loubavich, appelé en Israël, habbad. Se caractérise par son côté missionnaire ; ramener les juifs laïcs à la religion. Ils sont implantes aux Etats-Unis, comme on le sait, en Israël, et partout dans le monde.

Le dernier rabbi de Loubavich est mort sans enfant et n'a pas eu de successeur. Les adhérents à ce mouvements se distinguent par le fait qu'ils servent dans l'armée.

- les hassidim de Braslav, qui se rattachent au défunt rabbi Nahman de Braslav, petit-fils d'un des fondateurs du hassidisme et qui a vécu au début du XIXème siècle. Ils se reconnaissent par leur exubérance : où qu'ils arrivent ils se mettent à chanter et danser. Ils accueillent beaucoup de baalei-tchouva (juifs laics qui sont retournes à la religion). Chaque année, un pélérinage annuel à Ouman en Ukraine sur la tombe de rabbi Nahman, attire une foule et spécialement les jeunes hommes qui cherchent l'âme soeur.

- Les dynasties des rabbins de Gour, de Vijnitz, de Belz, Slonim  et d'autres dynasties encore.

 

- Les mouvements autres et plus extrêmistes:

On distingue la Eda haharedit, ce mouvement, très minoritaire, se caractérise par sa violence contre l'Etat d'Israël. Récemment, on a entendu parler d'eux à la television, dans des manifestations violentes (opposition à un parking ouvert le shabat à Jérusalem par exemple).Dans le même ordre d'idées, les hassidim de Satmar.

Et le pire de ces antisionistes : les Netourei Karta. Quoique très minoritaires, ne comptant pas beaucoup d'adhérents, ils font parler d'eux par leurs prises de positions pro-palestiniennes avec affichage mediatique important.

 

 

 

Commentaires (6)

1. Vered- Administrateur Vendredi, 07 Janvier 2011

Réponse a Robert
Bonjour, mon brave - vous me permettrez de vous appeler ainsi, puisque vous-même ne vous privez pas d'appellation cavalière a mon égard.
Ce texte ne se veut pas polémique du point de vue religieux. Il veut décrire les différents courants religieux en Israël
Par contre le site Francogalil ne fait pas mystère de sa prise de position politique pro-israélienne. Il s'adresse a des francophones installes en Israël, a des touristes en visite, ou simplement a des personnes qui s'intéressent a ce pays sans a-priori.
Être anti-sioniste pour un Européen, ce n'est pas une position politique légitime, ce n'est que de l'antisémitisme mal déguisé sous une couverture "politiquement correcte" de compassion envers les Palestiniens.

2. Robert Mercredi, 05 Janvier 2011

Mon garçon,votre texte est "forcément" polémique,par les qualificatifs que vous adjoignez aux vocables.Par ex:"Et le pire de ces anti-sionistes..." Pourquoi "le pire"? Parce qu'ils sont pro-palestiniens? Hum!... Cordialement et meilleurs voeux, Robert.

3. Vered-Admin. Mercredi, 18 Août 2010

Bonjour, David
J'ai lu ton message soigneusement.
C'est bien ce que je craignais: tu mets en avant tes propres convictions, et tu n'admets pas qu'il en existe d'autres. Comme je l'ai dit, il ne s'agit pas dans cet article de juger, mais de decrire les differents courants religieux existant en Israel.
Je vais te repondre point par point : Les juifs orthodoxes appellent "hilonim" tout ceux qui n'ont pas une pratique religieuse orthodoxe.
- Les "hilonim" comprennent donc aussi les traditionnalistes (massoratiom) et forment plus de la majorite de la population en Israel. La definition de "traditionnaliste" est assez vague et recouvre des pratiques religieuses variees, ne te fonde pas sur ton seul exemple.
Ce sont les "hilonim", non religieux, anti-religieux ou traditionnalistes qui ont cree l'Israel moderne, que l'on le veuille ou non.
-Les courants "conservative' et "reformes' comme je l'ai ecrit si tu avais pris la peine de me lire, ne sont pas fort numeriquement en Israel, mais sont forts numeriquement aux Etats-Unis,et soutiennent financierement et politiquement Israel. Donc a ne pas negliger.
-Enfin, ton enorme erreur- et tout le monde te le confirmera-consiste a dire que les autres courants sont insignifiants, alors que l'on assiste en ce moment a l'explosion demographique des juifs "ultra-orthodoxes". Si on prend le nombre d'enfants de 6 ans entrant en CP a l'ecole, le nombre de ces enfants augmente regulierement et forment plus de 10 pour cent du total non pas des enfants juifs, mais de toute la population israelienne, ce qui veut dire que dans la population juive leur nombre est proportionnellement encore plus important.
- le courant sioniste-religieux est important, pour la place qu'il occupe dans la societe, dans l'armee, dans la sphere politique, et surtout dans les territoires. Le gouc katif, le peuplement en Judee Samarie, c'est beaucoup eux, et ils sont loin d'etre insignifiants, comme tu le pretends.
Dire comment se repartit la population juive israelienne du point de vue religieux, ce n'est pas prendre position.
je regrette que l'idee qu'il y ait des gens qui ne pensent pas comme toi te soit a ce point insupportable que tu te crois oblige de le nier.

4. David Fitoussi de Naharyia -Israel Mercredi, 18 Août 2010

salut Vered..Je lis seulement ce jour ta reponse.
Je n'ai jamais parler de polemique.
S'il s'agit d'un article explicatif, alors, cet article doit etre au plus juste de la verite.
Je n'ai pas a le rectifier, comme je l'ai dit, mais le critiquer, oui.
Tu ne pretends pas tout savoir, dis-tu, c'est bien de le dire, mais c'etait mieux de ne pas faire l'article quand on ne sait pas tout et juste.
LES HILONIM designe la majorite de la population d'Israel, dis-tu.
Si c'etait le cas, il y a longtemps qu'Israel serait un pays 100% laic ou la seule reference de notre histoire aurait ete la guerre de 48 qui a consolide la creation de l'Etat...avec la perte totale de memoire de l'histoire d'Israel...Israel etant le nom de Jakob..ce qui ne date pas d'hier ni d'apres 48.
les traditionnalistes a mon sens doivent representer entre 20 a 25 % de la population d'Israel.
Etre traditionnaliste, consiste a respecter entierement toutes les fetes religieuses, soit en les appliquant reellement soit en les appliquant du mieux que l'on peut, mais en les appliquant quand meme...et en y croyant indubitablement.
exemple.."ton serviteur".. et nous sommes pres de 20 a 25 % a faire plus ou autant que moi durant ces fetes.
Les courants reformes en Israel, sont si insignifiants qu'il aurait mieux valu ne pas en parler..
Pour les autres courants que tu cites, je considere que c'est insignifiant, car aucun d'entre eux ne peut ni aujourd'hui ni demain, imposer sa volonte dans la politique de notre pays...donc courant "zero".
la democratie a l'israelienne ne ressemble en rien a la democratie a l'europeenne..la notre etant beaucoup plus authentique...
Pourquoi ?
Car, malgre les tentatives d'imposer leurs lois, tous ces courants-la, ne font que permettre a Israel, d'appliquer une totale democratie,...comme il n'en existe nulle part ailleurs, SANS JAMAIS S'ELOIGNER DE SA VERITABLE HISTOIRE(pas celle de 48..)
Le principal consistant a etre vigoureusement SIONISTE, sans reserves...car quand on est vigoureusement sioniste, on se rapproche du traditionnalisme, et le traditionnalisme, c'est de respecter les traditions historiques..
C'est ce a quoi Israel tente d'inculquer a sa population actuellement.
Il ne faut jamais oublier que sans le respect de la tradition "historiquo-religieuse",
Israel ne deviendrait qu'un fetu de paille balotte au gre des vents...
et cela n'arrivera jamais, car exceptes 3 peles et 2 tondus, ce sont les autres.....les 90 % de juifs israeliens qui font ce qu'Israel est actuellement..un etat fort et respecte...et surtout un etat qu'ils aiment.
J'ai deborde, mais chez moi, quand on parle d'exces de religion, je reviens vite sur l'exces de liberte religieuse.
Tu vois, ce n'est pas polemique, mais peut etre rectificatif..ce qui n'engage que moi.
Sionistement amical.
P.S. notre premier ministre actuel qui n'est pas particulierement religieux, mais sioniste et surement un peu traditionnaliste... impose aux "autres" de reconnaitre le fait qu'Israel soit un etat "Juif"..
Il impose cela, non pas pour faire joli, mais car c'est historiquement vrai.
Je ne peux aller plus loin car je risquerai de manquer d'encre....
David

5. Vered- Admin. Dimanche, 15 Août 2010

Bonjour David ! c'est moi qui ai redige ce texte.
Il s'agit d'un article EXPLICATIF et non pas POLEMIQUE, donc il n'y a pas a le commenter ou a argumenter. On peut le RECTIFIER, bien sur, si on trouve des erreurs ou inexactitudes - je ne pretends pas tout savoir, mais je ne vois pas ce qu'il y a a ARGUMENTER sur le fait qu'il y a par exemple des Netourei Karta a Jerusalem, des femmes qui prient avec un talit et une kippa au Kotel ou des anti religieux qui se precipitent par acheter du pain justement la semaine de Pessah. C'est un constat, pas une prise de position en leur faveur ou defaveur,

6. David Fitoussi de Naharyia -Israel Dimanche, 15 Août 2010

On pourrait commenter
dans la mesure ou l'on obtient d'abord le nom de celui qui a redige cet article...car l'identite de cette personne permettrait de mieux cerner l'argumentation et le pourquoi de cet article...ainsi que la critique eventuelle.

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