Lettre à des amis israeliens

Lettre à des amis israéliens

LA POLITESSE

Voila, ca y est, ça fait trois ans, je ne suis plus Olé Khadach, j’ai un passeport israélien, une téoudat zéout, une carte mouchlam, etc… Seulement voila pour nombre d’entres vous, nous sommes restés des « français ». Oui d’origine sans doute, quoi que… Nous ne sommes pas nés ici, nous n’avons pas été à l’école ici, nos universités s’appelaient Nanterre Assas, ou Censier voir La Sorbonne, les Arts et métiers, ou l’ORT, nous n’avons pas fait notre service militaire ici.

 Nous nous hissons tant bien que mal à votre langue, pardon à notre langue, et plus on est vieux, n’ayons pas peur des mots, moins ca rentre et tout cela avec un accent tellement révélateur. On travaille, quand on peut, pas toujours comme on veut, mais tout cela nous l’avons choisi, c’est une aliya volontaire personne ne nous a poussé de France, enfin presque. Pour nombre d’entres nous les « français » nous continuons à parler, à écrire, et déjà à critiquer, dans une langue, le français, que vous n’aimez pas, ben oui quoi, que voulez-vous, comme le dit si bien Herbert, nous les juifs « nous sommes des emmerdeurs » et alors les juifs français je ne vous dis pas. Non point que cette langue soit difficile ou rebutante, mais j’ai parfois le sentiment, qu’elle a pour vous comme un arrière gout d’amertume, voir même une odeur de trahison, notamment pour ceux qui en Juin 67 se sont vus couper les vivres (militaires) de la part du « grand Charles ». Bon évidemment je le déplore et condamne cet acte, de toute façon il devenait gâteux, et n’était plus bon qu’à « sucrer les fraises » D’ailleurs un an plus tard en Mai 68…..

OLIM HADASIM

Mais revenons à nos petits juifs français qui ont fait leur alyia depuis plusieurs années, pourquoi continuez-vous à les considérer comme une minorité indigeste, peut-être parce que les critiques constructives qu’ils apportent vous dérangent ? Je vous l’ai déjà dit nous sommes des emmerdeurs, surtout si on critique, par exemple, la conduite de vos enfants, leur façon si subtile et raffinée de se comporter en société. Et tiens, puisque je vous parle de conduite j’ajouterais celles de certains de leurs parents qui pensent qu’au volant d’une voiture ils sont seuls sur la route, qui n’ont pas, ou qui ne veulent pas comprendre que la route on doit la partager et respecter l’autre. Ha ! Respecter l’autre, voila un verbe qui est si mal conjugué ici. On m’a fait « repasser » certes en partie mon permis de conduire, comme à tout le monde m’a-t-on dit, mais si c’est pour conduire comme un « irresponsable demeuré » ce n’était vraiment pas la peine, surtout que venant d’un pays « totalitaire » comme la France, il est tout à fait possible de « contrôler et vérifier » le passé du conducteur aussi bien au niveau de sa conduite que de son assurance, mais non cela fait travailler des moniteurs d’auto-école et des examinateurs et cela augmente les recettes de l’état et, d’autres, enfin pourquoi pas, c’est pour Israël.

 

DRAPEAUX

 

Il y a autre chose aussi qui me fait « marrer », c’est le mot « Savlanout » patience, premier mot qu’on nous enseigne à l’oulpan, je ne sais pas si c’est le soleil ou l’état de stress permanent qui vous la fait perdre si vite, mais c’est à la fois déplorable et drôle, j’ai toujours dit à mes amis que j’aimerais installer une caméra dans une coupat holim ou à la poste (par exemple) pour réaliser un film comique car il y a certaines situations qui frisent l’absurdité. Oserais-je vous parler du sens aigu du respect de l’environnement ? Particulièrement chez les jeunes ? Certes pas partout, mais là aussi l’état de certains lieux publics, par exemple, ressemble à un dépôt d’ordures, alors que les mairies essayent péniblement de faire nettoyer très rapidement. Mais ne croyez-vous pas qu’il vaudrait mieux dépenser toute cette énergie et tout ce fric dans l’éducation et aussi parfois la répression.

L'EDUCATION L"ART DE VIVRE

Alors je vais te dire mon « pote » israélien, J’ai décidé de venir vivre ici, dans mon pays, je ne chercherais pas à modifier ton comportement, ou tes attitudes, voir tes propos, mais je ne veux en aucun cas oublier, les leçons d’instruction civique ou de morale et de conduite que l’on m’a enseigné aussi bien à l’école laïque, qu’à la synagogue de mon quartier, et que j’entends respecter. Nous avons transporté notre éducation aux « talons de nos souliers » et nous ne souhaitons qu’une chose c’est la partager.

 

A bon entendeur Chalom.

Dov D’Acco

Commentaires (3)

GRIGUER - BETTAN
  • 1. GRIGUER - BETTAN | dimanche, 05 Février 2012

Ce dimanche matin, début d'une semaine radieuse où nous fêterons le nouvel an des arbres et mangerons les fruits d'Israël, je veux voir le verre à moitié plein : merci aux israéliens de souche qui nous apprennent à s'interesser à l'autre, quel qu'il soit, à oublier cette indifférence française qui nous a rendu nombrilistes au lieu d'ouvrir les yeux et s'extasier sur la beauté de notre pays, la richesse et l'intelligence de nos enfants israéliens, ouverts à tout et à tous, sans exclusive, curieux jusqu'à en devenir mal élevés....et alors - l'essentiel étant de s'intéresser à l'autre et de lui montrer que quelque soit sa condition, son âge, son statut , il compte pour nous . C'est cette manière d'être que j'ai apprise des israéliens et qui m'enrichie chaque jour .

ANTONIETTI Anne-Marie
  • 2. ANTONIETTI Anne-Marie (site web) | mardi, 02 Août 2011

LETTRE D'UNE NON-JUIVE A ISRAEL

L’actualité mondiale est souvent terrible. Elle est, cette fois-ci, également très surprenante : un attentat meurtrier et un carnage épouvantable commis… par un chrétien fondamentaliste (comme nous !), pro-Israël (nous aussi !) et dénonçant les dangers de l’islamisation (et… que faisons-nous d’autre ? à juste raison, d’ailleurs !!!) Et voilà, nous sommes devenus le danger contre lequel il faut désormais prendre des mesures !

Une seule chose n’est pas surprenante, dans tout cela : Israël a, bien sûr, été désigné comme coupable, par deux universitaires gauchistes espagnols, sur le site « Rebelión ». Je ne citerai même pas leurs noms, car… pourquoi les rendre si importants ?

De toute façon, quand on lit, dans de nombreux sites islamiques, par exemple, que « c’est Israël qui a planifié, organisé et exécuté les attentats du 11 septembre 2001″, on sait quoi penser de telles accusations ! On avait déjà vu, hélas, dans l’histoire, comment le capitaine Dreyfus fut accusé d’espionnage, condamné au bagne à perpétuité et déporté, tandis que le colonel Picquart, qui découvrit le vrai traître, fut affecté en Afrique du Nord, puis renvoyé de l’armée française !…

C’est pourquoi, pour ma part, ce que disent les hommes politiques, ou les médias, ne m’importe plus guère : je veux m’attacher au fond des choses, à ce qui est seul important :

« Israël… Je t’ai choisi, et ne t’ai pas rejeté.
Ne crains rien, car Je suis avec toi
Ne te laisse pas émouvoir… car Je suis ton D-ieu » (Esaïe 41.8s)

Israël, je sais, par tes Textes, que D-ieu t’a choisi
Pour vivre avec toi une histoire d’Amour
Qui nous enseigne, nous aussi ;
Pour faire de toi la lumière des nations
Et Se révéler au monde, au travers de toi ;
Pour conclure avec toi une alliance,
Alliance éternelle, quoiqu’en disent beaucoup,
Alliance d’Amour bouleversante
De Quelqu’un qui te grave sur Ses mains.
Nul ne peut effacer ce qui fut ainsi gravé !!

« Je t’aime d’un amour éternel,
C’est pourquoi Je te conserve Ma bonté. » (Jérémie 31.3)

Même si nous, chrétiens, nous appliquons ces paroles, c’est en réalité à toi qu’elles s’appliquent, puisqu’il est ajouté :

« Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie…
Voici, Je les ramène du pays du nord, Je les rassemble des extrémités de la terre… »

Tu n’as cessé de prier au fil des siècles : « l’Eternel, ton D-ieu, ramènera tes captifs et aura compassion de toi, Il te rassemblera encore du milieu de tous les peuples chez lesquels l’Eternel, ton D-ieu, t’aura dispersé… » (Deut.30/3)

Et le moment est arrivé : Celui qui dit « Je suis un Père pour Israël » a eu compassion de toi et a réalisé ce miracle de te redonner ton pays ; et, sous nos yeux, Il te ramène des extrémités de la terre. Il te rassemble dans ton pays, où Il t’établit à nouveau, pour toute l’éternité ! N’est-ce pas grand et magnifique ?!!

Il est vrai que ceux qui ne connaissent pas D-ieu, et ceux qui L’ont rejeté, te rejettent aussi, puisque tu Le révèles. Ils te contestent tes droits et ta terre. Ils ont même pris ton nom (et je ne parle pas seulement du nom de Palestine, qui s’applique en réalité à toi ; on t’a pris aussi ton nom, Israël, puisque nous-mêmes, chrétiens, serions le nouvel Israël… Pourtant, la renaissance miraculeuse de ton Etat, et ton retour dans ton pays, prouvent bien que D-ieu ne t’a jamais rejeté, et que Son alliance avec toi est éternelle, comme Il te l’avait promis. Il n’est nul besoin d’un nouvel Israël : il y a l’Israël choisi par D-ieu, le vrai et le seul Israël, et c’est toi !)

Certes, je ne comprends pas toutes tes souffrances, ni les drames et les tragédies de ton histoire. Je n’en connais point les raisons. Je souhaiterais, bien sûr, que cela n’ait jamais existé ! Mais qui suis-je, face au Créateur, qui connaît tout parfaitement… Alors, au moins, Israël, si je pouvais mettre un baume sur ton cœur, sur tes plaies !…

Je ne sais pas pourquoi le Tout-Puissant a permis la jalousie du monde, l’horreur, tant de détresse et de douleur, durant des siècles, presque deux millénaires. Et je vois la haine, encore aujourd’hui, et toutes ces forces qui tentent de s’opposer aux Plans divins pour toi !

Mais j’entends, aussi, de la bouche de tes enfants, Israël, des témoignages bouleversants ; une sagesse qui surpasse tout ce qui est dans ce monde ; sagesse, je le vois bien, née de leur douleur, engendrée dans les épreuves qu’ils ont traversées. Leur paix et parfois même leurs chants dans l’épreuve, leur joie, leur humilité, leur soumission aux Plans du Tout-Puissant pour eux, sont pour moi un exemple et un enseignement constants.

Il est clair que nous sommes arrivés dans un temps où nous devons prendre position : nous situer par rapport à toi, ce qui équivaut à nous situer par rapport à la Volonté divine ! Israël, personne ne reste indifférent à toi : nous prenons des positions passionnées, pour ou contre toi, c’est-à-dire… pour ou contre les Promesses que le Maître du monde est en train de réaliser à ton égard ! Rien de tout cela n’est anodin !

Beaucoup t’expriment leur haine, ou voudraient te détruire.
Mais si leur méchanceté est l’occasion, pour nous, de te dire notre Amour,
Alors, je te dirai, Israël, que je t’aime.
Si leur hostilité rend notre amour doux et précieux pour toi,
Alors, cela remplit mon cœur de joie.

D-ieu t’a choisi. Mais je n’ai point de jalousie.
Je ne veux pas prendre ta place.
C’est, d’ailleurs, une responsabilité bien lourde, bien difficile à porter !!
Par contre, je veux occuper toute la place qui est la mienne !
Quand beaucoup te sont hostiles, ou que tu passes par des souffrances,
Je veux être pour toi l’ami dont parlent tes Proverbes,
Qui t’aime en tout temps et qui, dans le malheur, se montre un frère.

Et je veux être cette voix que D-ieu nous ordonne d’être :
« Nations, écoutez la Parole de l’Eternel,
Et publiez-la jusque dans les rivages lointains.
Dites : Celui qui avait dispersé Israël le rassemblera,
Et Il le gardera comme le berger garde son troupeau« . (Jérémie 31.10)

Chacun sa place ; la mienne est d’écouter la Parole de D-ieu,
De proclamer Sa Fidélité et l’accomplissement de Ses promesses pour toi !
Y a-t-il une place plus grande et magnifique
Que de proclamer l’Amour et la Fidélité de Dieu ?!!

D-ieu t’a choisi, et moi Il m’a appelée.
Moi qui ne te connaissais pas, et qui t’étais indifférente,
Il m’a appelée de mon île, de la Corse.
D-ieu m’a appelée pour t’aimer, Israël.
Il a mis dans mon cœur l’Amour pour toi.
Il a rempli mon cœur de toi, et je t’ai aimé.
J’ai glissé ma main dans la tienne,
Comme un jeune frère, ou sœur, saisit la main de son aîné,
En toute confiance, et avec grande affection.
Et tu ne m’as pas repoussée.
Bien que mes pères n’aient cessé de persécuter les tiens,
Toi, Tu ne m’as pas rejetée !
Tu as serré ma main dans la tienne, et je ne t’ai plus quitté.
Nous avons cheminé ensemble.
J’ai appris ta langue, j’ai servi tes personnes âgées.
J’ai aimé tes enfants, et toute ta population.
Je t’ai aimé tout entier, toi, pays d’Israël !!!
Et tu m’as accueillie en ton sein, comme l’aurait fait une grande famille.
Cela m’a bouleversée, et ne cesse de m’émouvoir.
Je n’ai, pour ton D-ieu et pour toi, que de la reconnaissance !!

Et combien je me réjouis, car il fut annoncé par tes prophètes
Que le Créateur nous unira un jour à toi.

« Lui qui rassemble les exilés d’Israël,
Je réunirai d’autres peuples à lui, aux siens déjà rassemblés. »
Nous, les étrangers qui nous « attacherons à l’Eternel pour Le servir »…
Il nous réjouira dans Sa maison de prière,
« Car Ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. » (Esaïe 56.6s)

Et, enfin, quand ton Mashiah t’aura acquis la délivrance finale,
Ceux qui resteront de nos nations, monteront chaque année avec toi,
« Pour adorer le roi, l’Eternel des armées,
Et célébrer la fête de Souccot. » (Zacharie 14)

Cette montée avec toi vers D-ieu est mon attente ! Mais, déjà, je me réjouis de pouvoir vivre avec toi, sur cette Terre qu’Il t’a donnée, au rythme divin de tes Textes et de tes Fêtes, et cherchant à mieux connaître Celui qui Se nomme Lui-même « l’Eternel ton D-ieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur« .

Anne-Marie ANTONIETTI
www.antonietti-israel.org

Vered
  • 3. Vered | mercredi, 19 Janvier 2011

Salut, Dov
Quand on est immigrant, on passe par plusieurs phases ; après "Tout beau beau, tout nouveau", il y a une période ou on voit les problèmes et les imperfections.
Je ne crois pas que les Israéliens n'aiment pas les Français, au contraire, ils sont pleins d'admiration pour la langue et la culture française. Par contre les immigrants de France...ca ne les intéresse pas tellement. Surtout, ils ne nous comprennent pas, comme nous ne comprenons pas leur comportement. Nous n'avons pas le même vécu comme on dit, pas la même culture, rien ne peut changer ce fait.
Alors que faire ? Attendre la prochaine phase de notre intégration, celle ou on ne fera plus attention a tout cela !

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