Ana non

 

Ana NON

d’Augustin Gomez-Arcos.

C’est un roman déjà ancien, que Gomez-Arcos publie dans les années 1977. C’est en furetant dans ma bibliothèque que je suis tombé ou plutôt retombé sur ce livre magnifique, c’est encore d’une femme qu’il s’agit. Cette femme est laide, vieille, pauvre, malheureuse. A soixante quinze ans elle ferme la porte de chez elle dans le sud de l’Espagne et entreprend à pieds la traversée du pays du sud, au nord prés des Pyrénées. Un terrible et fabuleux voyage,

La guerre lui a pris son mari et ses deux fils, il lui reste un dernier fils qui est emprisonné à perpétuité. Cela se passe au temps de Franco, mais sans rien approfondir à ce sujet, c’est un simple survol dans la pauvreté et la souffrance de cette femme qui n’attend que de voir son fils pour mourir. On suit bouleversé et ému la longue, lente et poussive marche de cette vieille femme amaigrie, devenue pour les autres un simple tas de loques, obstinée, résolue à ne pas mourir avant d'avoir embrassé son petit et lui avoir donné son "pain aux amandes, huilé, anisé et fortement sucré,

Les dialogues d’Ana Non avec la mort tout au long du livre  révèlent  le talent d’un auteur hors du commun, c’est sans conteste l’un des plus beaux personnages de femme de la littérature en même temps qu’une  étonnante allégorie de la condition humaine. La maitrise de l’écriture d’Augustin Gomez-Arcos, et je n’ai pas peur des mots est absolument fabuleuse, et il est curieux de constater combien la plume d’un étranger quand il écrit et qu’il aime le français peut devenir sublime.

Livre en vente ici

 

 

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Commentaires (3)

3. hacène Le 11/07/2010 à 16:12

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l'adaptation cinématographique m'avait fortement marqué lors de son passage au ciné club sur France 3 à l'époque.
si des fois quelqu'un avait ce film je serai heureux de le revoir
merci

2. chanmina Le 15/05/2010 à 23:26

en retenant ce message si personnel pour commenter cet ouvrage, vous ne vous y êtes pas trompé car ce sentiment, rien ne pourrait mieux le qualifier que le cheminement de cette mère dans son obstination a aller au bout de sa quête et qui dépasse son vécu de femme meurtrie. Les larmes noient les yeux mais on les retient, comme son souffle, pour l'accompagner jusqu'au bout, elle et son pain huilé et parfumé serré sur sa poitrine. Vu de loin, vu d'en haut, c'est un petit point noir avançant le long d'une voie de chemin de fer. C'est le chemin qu'elle s'est ordonnée de faire, indifférente à l'incompréhension de ceux qui la regardent passer, seulement commandée par l'amour qui sort de son coeur, inextengible.

1. chanmina Le 10/05/2010 à 22:20

très jeune à sa lecture, ce texte avait épinglé mon coeur. Un jour récent, un homme fit siennes quelques lignes extirpées à ce livre; à peine les avais-je lues que je les reconnues. Mon amour pour cet homme n'en fut que plus fort.
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Dernière mise à jour de cette page le 10/03/2010