L'avenir de l'eau

L'AVENIR DE L'EAU.

Erik Orsenna

Aux Editions Fayard
 par Erik Orsenna.

Après des études de philosophies et de sciences politiques, suivent onze années de recherche et d'enseignement dans le domaine de la finance internationale et de l'économie du développement, à l'université de Paris 1 et à l'école normale supérieure. En plus de l'écriture, les voyages, la mer, et la musique tiennent une place essentielle dans sa vie et dans ses livres.

L'eau qu'on boit


Ce dernier paru en 2008, est le résultat de deux années d'enquêtes. Tout au long de cet ouvrage, l'auteur va nous raconter parfois avec passion, cette étude sur l'eau, bien sur avec passion parce qu'Erik Orsenna, n'est pas à proprement parlé, un scientifique, mais il sait à merveille : réfléchir, raconter, expliquer, disséquer un sujet afin que nous le comprenions, et que nous l'apprécions, Il possède cette rare qualité qu'est la transmission, c'est un bon pédagogue, ce livre ne s'adresse pas seulement à des scientifiques, il s'adresse à tous les hommes qui veulent penser aux lendemains, à leurs enfants, à ce qu'ils vont leur laisser. Orsenna a beaucoup voyagé pour rédiger ce livre : de l'Australie aux pôles, du Moyen orient à l'Inde, l'Afrique, du nord au sud, du Nil à l'Amazone, il a rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrage ; il a passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra. Il a observé le kangourou et le scarabée qui ont leurs techniques propres pour vivre en plein désert.


Il nous explique comment avec l'atmosphère qui se réchauffe, la pluie perd toute mesure, elle tombe inéquitablement et au lieu d'accorder ses bienfaits, elle se concentre sur certaines régions et certaines périodes, créant ainsi des déserts par endroits ou balayant par des inondations imparables, tout sur son passage. Il nous explique comment la goutte de pluie ou le raz de marée peuvent tout autant être destructeur, l'eau possède une formidable énergie destructrice, mais paradoxalement elle est, la source de la vie de la planète.

Eaux usees 

Dans le chapitre concernant le Moyen-Orient, Il nous explique avec beaucoup de perspicacité le rôle géopolitique de l'eau sur le plateau du Golan, en nous rappelant que celui qui occupe les hauteurs du Golan tient à sa merci toutes les eaux de Galilée. Il aborde les projets pharaoniques entre la Turquie et Israël, et je vous recommande aussi son histoire du Jourdain et du destin de la Mer Morte. Il nous explique avec clarté et avec bon sens le rôle des agriculteurs et des ingénieurs israéliens. Vous apprendrez en autres, le rôle de ces deux usines jumelles prés d'Ashkelon qui dessalent 350000 mètres cubes d'eau par jour, soit 110 millions par an ; c'est la consommation d'un million et demi de personnes. Il aborde avec le professeur Sammy Boussiba de l'université Ben Gourion le rôle prédominant des algues qui sont censées, d'après lui, sauver la planète. Il parle avec admiration de Simha Blass qui a participé à la conception de l'irrigation au goutte à goutte parfaitement contrôlé, qui permet ainsi une substantielle économie d'eau. Parallèlement, Il nous raconte comment les autorités libyennes autorisent dans le Sahara des forages qui vont très rapidement épuiser les ressources d'eau d'une immense nappe phréatique et c'est la même chose dans tous les pays d'Afrique du Nord. Certes, comparée au pétrole énergie fossile, l'eau est une énergie renouvelable, mais encore faut-il lui en laisser le temps. A cette allure quand leur pétrole sera épuisé, leur restera-t-il de l'eau ?


Quand il quitte cette région du monde, il emporte avec lui la confirmation que les pénuries d'eau, et les souffrances qui l'accompagnent, sont plus souvent filles de l'incompétence et de la paresse politique, que d'un manque physique de ressources.
Il nous fait comprendre si besoin en était que l'écologie n'est pas une affaire politique, loin de là, elle n'appartient ni à la droite ni à la gauche, elle appartient à l'homme qui saura respecter la nature.


En conclusion il nous livre sept convictions :
-Au commencement de toute humanité est l'eau
-L'eau vient de la nature
-Toute eau est liée à des lieux
-Etant donné sa double importance, réelle et symbolique, l'eau, source de vie, relève toujours d'une responsabilité politique.
-Il reproche aux dirigeants de préférer les installations couteuses plutôt que des stratégies d'économies et de recyclage, souvent plus efficaces et moins couteuses.
-A l'illusion de la gratuité de l'eau, il préfère l'obligation de solidarité.
-Même en étant optimiste de nature il se demande qui sera capable de nourrir les 9 milliards d'êtres humains qui seront sur la planète dans quelques dizaines d'années.
Au moment ou vous fermerez ce livre peut-être vous rappellerez vous qu'un habitant de la planète sur six n'a encore pas accès à l'eau et qu'un homme sur deux vit dans un environnement qui ne possède pas de système d'évacuation.


Dov
Bouquinsurf.com

On peut écouter aussi ces critiques littéraire dans "le coup de coeur de Dov" sur "ozradio yerouchalaim" les jeudis dans l'émission "le 9-13" La seule radio numérique de langue francaise en Israel.

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Dernière mise à jour de cette page le 24/04/2010