Le roman israélien traduit en français

Le roman israélien d'aujourd'hui

En traduction française

Le roman israélien bénéficie d'un certain succès en France actuellement. De nombreux auteurs sont traduits, on voit des livres de poches bien placés sur les étalages des libraires. Une réussite donc, pour une petite littérature jusque là peu connue, écrite dans une langue peu pratiquée, et venant d'un pays pas forcement bien traité aux infos de 20H00. Israël était l'invité d'honneur du Salon du Livre en 2008 avec 39 écrivains.

Voici des auteurs qu'on peut trouver en traduction française.

LES PREMIERS AUTEURS TRADUITS

Ils se consacrent  à la définition d'une identité israélienne, et à la célébration du pays qui se crée.

Au début, seul Samuel Joseph Agnon, titulaire du prix Nobel de littérature en 1966 était traduit.

Ce n'est pas un auteur très facile. Son symbolisme l'apparente aux auteurs d'Europe de l'Est comme Kafka. Ses histoires peuvent se dérouler dans sa Galicie natale, comme dans la Palestine mandataire ou dans un Eretz Israël antique. Sa prose reste toujours aussi belle.

En français on trouve de lui Une histoire toute simple, en collection 10/18, 21 nouvelles chez Albin Michel et chez le même éditeur  Contes de Jérusalem- Le chien Balak (la Palestine des pionniers et des habitants de Mea Shearim)- L'hôte de passage   (se déroule en  Galicie après la guerre de 14), la dot des fiancees.

Puis il y eut David Shahar avec la série Le palais des vases brisés.

David Shahar est né en 1926 à Jérusalem et mort en 1997 à Paris. Ses romans se déroulent à Jérusalem à l'époque mandataire. Il a reçu le Prix Médicis étranger. Il était francophone et avait vécu en France. Ont été publiés La Vaisselle cassée (1969), La Colombe et la Lune (1971) recueil de nouvelles, Le Palais des vases brisés (1978), Un voyage à Ur de Chaldée (1980) et Le Jour des fantômes (1988), La Nuit des idoles, 1997.

 

Ephraïm Kishon, né en 1924,décédé en 2005, est un auteur né en Hongrie et connu pour ses nouvelles humoristiques, décrivant la vie de tous les jours en Israël. Il a été assez largement traduit avec La baleine a le mal de mer,1965, Les petites filles de Loth,1963, Les sacrés fils d'Abraham,1970, Défense de jouer de la trompette de Jéricho après 20H00,1973, Paradis à louer,1981, Quelle famille ! Mais c'est la mienne 1980, etc... On dirait qu'aujourd'hui, il est passé de mode, après avoir été célèbre. On lui doit aussi les films Sallah Shabattai et Le policier Azoulaï.

Haim Nahman Bialik, 1873-1934, auteur important du renouveau de la poésie hébraïque, a été peu traduit en français. Mais Le livre du feu suivi de 3 nouvelles a été publié récemment, en 2008, aux éditions Caractères.

Malgré tout, la diffusion de la littérature israélienne restait confidentielle en France et ne touchait que ceux qui s'intéressaient à la langue hébraïque. Il existait aussi beaucoup d'auteurs qui célébraient la vie dans le nouveau pays, l'idéal socialiste et la vie collective comme S. Yzhar, Moshe Shamir, Aharon Megged (ici dans son roman Le poids de l'innocence), Nathan Shaham, mais ces romanciers sont peu traduits en français, en dehors de nouvelles dans des revues universitaires.

 

 

L'ENGAGEMENT POLITIQUE PACIFISTE

 

Les choses changèrent avec l'arrivée d'une nouvelle génération d'auteurs contestataires :

Amos Oz, A. B. Yehoshoua, Yoram Kaniuk.

Ces romanciers, nés dans les années 30 et commençant à écrire a la fin des années 60 et dans les années 70 s'intéressent a la politique.

L'époque de glorification de l'Etat est terminée. C'est le temps du doute et de la remise en cause. Ne nous faisons pas d'illusions : c'est en partie parce qu'ils ont une vision pessimiste et critique d'Israël, que ces romanciers tirent une partie de leur reconnaissance à l'étranger. Mais ils ne faut pas pour autant ignorer leurs qualités, très réelles.

 

Mon Michael, Ailleurs peut-être, La boite noire, Jusqu'à la mort, Toucher l'eau, toucher le vent , La colline du mauvais conseil  etc...d'Amos Oz , né à Jérusalem en 1939 sont traduits. Mais son plus grand succès récent vient du récit autobiographique de son enfance Une histoire d'amour et de ténèbres, récit tragique qui se clôt par le suicide de sa mère. Les romans d'Amos Oz traitent de la vie au kibboutz, de Jérusalem, du sionisme.

Avraham B.Yehoshoua, né en 1937 à Jérusalem, avec L'amant, Trois jours et un enfant, L'année des 5 saisons, Shivah, Un feu amical, La mariée libérée, Un divorce tardif, Monsieur Mani, Voyage vers l'an mil aborde plus précisément les thèmes du sionisme et de la présence arabe. Yehoshoua enseigne toujours à l'université de Haïfa. Ses propos ont choqué récemment la diaspora américaine, quand il jugeait que le rôle de la diaspora dans le judaïsme était termine. Il a vécu quelques années en France.

 

Yoram Kaniouk, né en 1930 à Tel-Aviv,  avec Himmo, roi de Jérusalem, Tante Schlomzion la grande, Adam ressuscité, Le dernier Berlinois, Confessions d'un bon Arabe, publiés chez Stock, Ma vie en Amérique, récit autobiographique, publié chez Fayard. Chez Fayard encore, ont paru  Comme chiens et chats, Mes Chers Disparus, Encore une histoire d'amour, et Il commanda l'Exodus, biographie, La Terre des 2 promesses, essai, avec Emile Habibi.

 

D'autres auteurs de la même génération

Aaron Applefeld,  né en 1932 est un auteur marque par la Shoah, qu'il a vécu pendant son enfance a Tchernovits, Bukovine. Même ses histoires qui se déroulent avant cette période s'en ressentent et semblent être dans l'attente d'une catastrophe.

Histoire d'une vie, récit autobiographique sur son enfance, a bien marché dans les librairies. Autres livres traduits: La chambre de Marianna, Tsili et le temps des prodiges, L'amour soudain, L'héritage nu, L'immortel Barfuss,

A lire, Katerina et Badenheim 1939. Il a écrit aussi de nombreuses nouvelles. Pour plus de renseignements, cliquer ici.

 

Yehoshoua Kenaz , né en 1937 à Pétah Tikvah est moins connu. Pourtant Infiltration, paru  aux éditions 10/18 de Stock, roman sur un groupe de soldats faisant ses classes (tironout) dans les années 50, et où l'on voit les olim de pays arabes, les réfugiés d'Europe de l'Est rencontrer la classe moyenne de Jérusalem, ainsi que Paysage aux 3 arbres, livre composé de deux récits se passant à des époques différentes : la Palestine mandataire, pour l'un, la guerre du Golfe pour le second.. Retour des amours perdues a été porté au cinéma par Amos Gitaï, sous le titre d'Alila. Ses histoires décrivent souvent la vie des habitants d'un immeuble du nord de Tel-Aviv avec ses mesquineries et ses solitudes. Dernier roman paru en France La grande femme des rêves. Il a vécu 2 ans en France et a traduit en hébreu les grands classiques français.

 

David Grossman, né en 1954 ne doit pas être confondu avec le romancier russe Vassili Grossman. Bien que plus jeune d'une génération, il est très souvent associé à Amos Amoz et A. B. Yéhoshua par ses prises de position pacifistes. Il a perdu son fils dans la 2ème guerre du Liban.

Traduits en français : L'enfant zigzag, Voir ci-dessous amour, Le livre de la grammaire intérieure, Le sourire de l'agneau, Le vent jaune, Tu seras mon couteau, Dans la peau de Giséla  (parus au Seuil).

 

Autres auteurs :

 

 Haim Gouri, né en 1923 à Tel-Aviv, ancien combattant du Palmah. L'affaire chocolat où la Shoah est en arrière-plan,  en 10/18 Face à la cage de verre sur le procès Eichmann (Editions Tirésias).

Benjamin Tammouz, 1919-1989, né en URSS. En français ont été traduits Le Minotaure, et Le caméléon et le rossignol

 

 

LE REFUS DE L'ENGAGEMENT

 

Aujourd'hui, une nouvelle génération de romanciers est apparue. Plus de glorification ni de critique systématique de l'Etat.

Les auteurs, lassés de la politique se réfugient dans la description de la vie privée. Parmi eux, se trouvent Orly Castel-Bloom, Etgar Keret, Yehudit Katzir, Alon Hilou, Boris Zaidman, Gabriela Avigur-Rotem et Alona Kimhi.

On trouvera des biographies et des interview de ces nouveaux auteurs sur le site d'Akadem .

Meir Shalev est populaire en Israël et à l'étranger avec ses sagas familiales : Pour l'amour de Judith, La meilleure façon de grandir, Le baiser d'Esaü, Que la terre se souvienne). Même si ses romans se passent à des  époques bien déterminées et dans des lieux précis -souvent la vallée de Jezréel, aimée des premiers pionniers - la politique est volontairement mise de côté.

Il tient aussi des chroniques dans le journal Yedioth Akharonot.

 

 

La romancière Zerouia Shalev a opté elle, pour la description de drames intimes, comme dans Théra, Vie amoureuse, Mari et femme. Elle est née en 1959 au kibboutz Kinnéret et est la cousine de Meir Shalev.

Tandis que pour Etgar Keret, la réalité se mêle au rêve dans ses nouvelles : Crise d'asthme, la colonie de Kainler. Il a aussi participé à une bande dessinée et réalisé le film Méduses. Pour plus de renseignements, cliquer ici.

 

Mais avec Suzanne la pleureuse d'Alona Kimhi, née en 1966 à Lvov en Ukraine, le roman ancré dans l'actualité politique demeure. Alona Kimhi se situe « à gauche de la gauche »Autres romans : Lily la tigresse, Moi, Anastasia, recueil de nouvelles. Tous les livres sont parus chez Gallimard.

 

 

 

Il y a aussi le roman policier avec Batia Gour et Shoulamit Lapid, mais  les résultats ne sont pas très concluants. 

Batia Gour, née en 1947 décédée en 2005  se situait à gauche dans l'échiquier politique. Son héros est le policier Michel Ohayon qui revient dans les romans policiers suivants :Le meurtre du samedi matin (1992),Meurtre à l'université (1993),Meurtre au kibboutz (1994), Meurtre au philharmonique (1999),Meurtre sur la route de Bethléem (2001), Meurtre en direct (2004), La bonne distance.

Shoulamit Lapid, née en 1934, et veuve de l'homme politique Tommy Lapid, a écrit des 6 romans policiers dont l'action se passe à Beer-Sheva, et dont l'héroïne est Lise Badikhi.

Tempête sur Beer-Sheva, Alerte à Beer-Sheva, Notre correspondante à Beer-Sheva, Le bijou, (en hébreu, les titres sont moins nuls) sont parus en poche.

 

 

 

Et on peut ajouter le roman en langue russe de Dinah Rubina, qui décrit la vie des immigrants russes en Israël. Zoom avant, recueil de 5 nouvelles, a été traduit en français et  est paru aux Editions Phoebus..

 

"Le peuple du Livre" a écrit de nombreux romans. De quoi satisfaire tous les goûts de tous les lecteurs ...

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire (1)

1. aryeh segev Le 16/04/2010 à 23:31

Envoyer un e-mail à aryeh segev
http://books.google.fr/books?sitesec=reviews&id=9JeJOsJK5BACSmiley

Le nom du livre LE "PRISONNIER DU KIPPOUR", parution le 25.3.2010
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Dernière mise à jour de cette page le 28/03/2009